Article paru dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère, année 1915, pages 106 à 138. Fac-similé numérisé par la Bibliothèque nationale de France.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France · https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077163
Lire la transcription
NOTICES PAROISSIALES
MAHALON
L'ancienne paroisse de Mahalon (eny comprenant
Guiler, sa trève), s'étendait à l'est et au sud jusqu'à
Landudec (1). Elle était bornée au sud-ouest par Plozévet,
à l'ouest par Plouhinee et au nord par le Goazien, rivière
qui prend
sa source dans Plonéis et qui se jette dans
l'Océan à Audierne.
Dès les temps les plus reculés, cette petite rivière a dû
servir de limite commune à deux territoires d'une cer-
taine importance que les titres du moyen âge désignent
sous les noms de Pagus-cap-Sizun et de Pagus-cap-Caval.
La rive gauche du cours d'eau appartenait entièrement à
ce dernier pagus. Après la colonisation de l'Armorique
par les bretons insulaires, le Pagus-cap-Caval vit se cons-
tituer dans les limites de son vaste territoire une ving-
taine de circonscriptions paroissiales au nombre des-
quelles se trouvait Mahalon.
Par suite d'une annexion probablement très ancienne,
la paroisse de Mahalon possédait en outre sur la rive
droite du Goazien, dans le Pagus-cap-Sizun, une parcelle
assez étendue renfermant, avec le manoir de Lésivy et
cing ou six villages, les chapelles de Lanfiat et de Lan-
dugen. Cette parcelle qui relevait en partie du régaire
(1) La pointe méridionale de son territoire n'était séparée du clocher de
Laududec que par une distance de 170 mètres.
- 107 -
épiscopal de Quimper (1) semble avoir primitivement
appartenu à la paroisse de Poullan, laquelle, en raison
de son étendue, devait être partagée en un certain nom-
bre de sections ou subdivisions territoriales rappelant les
anciens clans.
Ainsi qu'on peut le voir sur le plan, l'église de Mahalon
avait été édifiée dans la partie occidentale de la paroisse,
non loin du Goazien et par conséquent à une distance
assez grande des limites qu'avait au Sud et à l'Estle ter-
ritoire qui en dépendait. Il ne parait donc pas douteux
que l'éloignement où se trouvait du clocher toute la par-
tie orientale de la paroisse n'ait déterminé dès les pre-
miers siècles, la création à Guiler d'une église tréviale.
Cette trève de Guiler qui comprenait environ le tiers
de Mahalon, devait en être détachée en 1790, pour for-
mer une commune distincte. La commune de Mahalon,
qui depuis la même époque fait partie du canton de
Pont-Croix, comptait lors du dernier recensement 1.428
habitants (2).
Sa superficie est de 2.139 hectares.
MONUMENTS RELIGIEUX
Eglise paroissiale
Saint Magloire que cette église honore comme patron,
était originaire de la Démélie et cousin de saint Samson
(1) Les chefrentes dûes à l'Evêque sur les villages de Lanfiat et de
Landugen consistaient : pour Lanliat, en 14 combles d'avoine, 27 sols et
5 gelines, et pour Landugen, en 21 combles d'avoine, 2 sols, 6 deniers et
3 gelines. Au Midi de ce dernier village, près du chemin qui conduit
à Hentmeur, on voit l'emplacement de
pendant la Révolution. Quelques pans de mur encore debout en 1883.
out servi à rebâtir la chapelle de Lanfiat ou l'on a transféré la statue de
saint Tugen, ainsi que la table d'autel en granit.
(2) Sa population, qui comprenait, on 1895, 1.504 habitants, serait en •
décroissance.
- 108 -
qui l'amena avec lui en Armorique pour le mettre à la
tête du monastère qu'il avait fondé à Lanmeur. En 563,
il succéda à saint Samson sur le siège épiscopal de Dol
et termina ses jours dans son monastère de Serk, en 585
ou 586. En se basant sur ces dates, on pourrait avec
quelque vraisemblance attribuer à la fin du vi° siècle ou
au commencement du siècle suivant la fondalion de la
première église de Mahalon. Le vocable sous lequel fut
placé cette église et aussi le choix de saint Meylar pour
patron d'une paroisse voisine semblent d'ailleurs indi-
quer que les moines de Lanmeur ne furent pas étrangers
à la création de ces deux paroisses.
Comme la plupart des édifices religieux de la région
l'ancienne église de Mahalon appartenait à l'époque
romane. En 1772, cette église fut rebatie (1) à l'exception
de la façade occidentale dont l'architecture accuse le
xvi° siècle et sur laquelle est gravée une inscription
gothique trop fruste pour être déchiffrée. Le millésime
de 1831 que l'on voit sur le clocher est celui de la recons.
truction de la flèche qui avait été foudroyée au mois de
• décembre 1828 (2).
A l'intérieur subsistent, de chaque côté de la nef, trois
arcades romanes conservées de l'ancienne église. Les
piles qui les supportent reposent sur des banes de pierre
et sont remarquables par leur élévation et leur légèreté.
Ces travées offrent absolument les mèmes caractères que
(1) Les registres paroissiaux contiennent la mention suivante : « Hac
ecclesia fuit reedificata anno 1772. Dominus Perrichon qui fuit rector de
de Cléden-cap-Sizun et de Mahalon, suis curis et, ut ita dicam,
Merléac,
ex ore suo hane extruit ecclesiam de Mahalon, anno Domini millesimo
septingentezino septuagesimo secundo. Successores, perficite quod non
potuit perticere. » Communiqué par M. Fabbé Rolland, recteur de Nei-
lars, qui a bien voulu nous procurer plusieurs autres renscignemenis; .
notaminent ceux qui concernent la chapelle de Landugen.
(2) La flèche fut réédiliée par un entrepreneur de Pleyben, moyennant
2.300 francs.
- 109.—
celles de la collégiale de Pont-Croix qui remontent à la
seconde moilié du rue siècle.
Dans la partie de la nef qui a été reconstruite, un des
piliers porle l'inseription suivante :
M* F. PERICHON, R' : A. GVILLOV, Pre
A droite du chœur, se trouve une chapelle ancienne-
ment dédiée à saint Michel qui contenait l'enfeu des
sieurs de Lanavan. La chapelle qui lui correspond, de
l'autre côté du chœur dépendait de la terre de Tromelin
et renfermait une tombe élevée qui, lors de la recons-
truction de l'église, fut replacée sous une espèce d'enfeu
pratiqué dans le mur du collatéral nord.
Cette tombe, malheureusement très mutilée, a été
retrouvée il y a trois ans. La dalle en granit qui la recou-
vre est chargée des statues couchées d'une dame et d'in
chevalier. D'après les armoiries gravées au haut de la
dalle (1), ces statues représentaient Marguerite de Tré-
ganvez, dame de Tromelin, décédée en 1534 et son époux
René de Tremillec, qui mourut en l'an 1548, date proba-
ble de l'érection de ce monument, qui, sans être l'œuvre
d'un Michel Colombe, n'en constituc pas moins un spéci-
men intéressant de l'art breton au xvi° siècle. Les cing
écussons qui décorent les panneaux de la tombe sont
supportés les uns par des anges, les autres par des sau-
vages et séparés par des arbres ehranchés. On y recon- .
nait les armes des Trémillec alliées 4 celles des Penguil-
ly, des Boligneau, des Jégado et d'une ou deux autres
familles. A droite de l'autel de saint Joseph, précédem-
(1) Ecusson mi-partie de Trémillec (de gueules à trois croissants d'argent)
et de Tréganvez (erartelé aux 1 et 4 d'azur à cinq billettes d'or en sautoir ;
aux 2 et 3, de gueules à la tour d'argent). Les deuxième et troisième quar-
tiers sont seuls reproduits.
Ce tombeau, haut de trois pieds et à lentour duquel se voyaient les
armes en alliance des seigneurs de Tromelin, est mentionné, ainsi qu'un
banc qui le séparait du chœur, dans l'aveu rendu, en 1637, par Pierre de
Jégado. (Arch. de la Loire-Infér. B. 2021). Il vient d'être restauré par les
soins de M. l'abbé Blouet, recteur de Mahalon.
- 110 -
ment consacré à saint Maudez, on montre dans le pavage
une petite cavité destinée à recevoir la poussière re-
cueillie sur l'autel. Cette poussière, délayée avec de
l'eau, était administrée aux enfants comme vermifuge.
Le collatéral sud renferme la pierre tombale de M.
Jean PENFRAT, DOCT. RECT. DECEDE 1767.
Au bas du collatéral nord est déposé un sarcophage en
granit qui mesure 0"25 de profondeur et sert maintenant
de bénitier. On peut hésiter à attribuer ce cercueil à
res.
-
1a6т..
lépoque carolingienne plutôt qu'à l'époque mérovin-
gienne, les caractères qui distinguent une époque de
l'autre n'ayant pas encore été suffisamment déterminés
par les archéologues.
Chapelle Saint-Pierre
Cette chapelle dont les seigneurs de Kerandraon
*étaient les premiers prééminenciers, s'élève au nord du
village de Lanhoantec. Elle se compose d'une nef, de
transepts et d'une abside carrée. A gauche de l'arcade
ogivale yui sépare la net de l'abside, une inscription en
caractères gothiques fait connaitre la date de sa dernière
• reconstruclion (1562) et le nom du fabrique, Guillaume
Le Coz (1).
(1) Guillaume Le Coz cultivait, au bourg, le domaine qui depuis a
garde son nom. En 1658, la tenue Le Coz élait occupée par Maître Julien
Trepos, veut de Marie Follic, auquel succéda son fils Maître Jacques Trépos.
* 111 =
TAN: M: B: 1:0 .
G: C07 : FAB
"Les fenêtres qui éclairent les transepts ont conservé
quelques fragments de vitraux. Dans celle du transept
sud, Notre Seigneur est représenté assis an Jugement
dernier. L'autre fenêtre où l'on reconnait saint Roch et
son chien, contient un écusson entouré du collier de
saint Michel et portant : écartelé aux 1 et 4, fascé de
de gueules et d'argent de six pièces; aux 2 et 3 (qui
sont presque frustes), d'argent à trois quintefeuilles de
gueules 2 et 1. Ces armoiries pourraient être attribuées
à Guillaume de Coëtrieux, chevalier de Saint-Michel et
gouverneur de Guingamp, qui mourut en 1616. La famille
de sa mère, Françoise de Quélen du Vieux-Châtel, était
possessionnée en Mahalon.
La façade occidentale de la chapelle Saint-l'ierre a été
rebâtie en 1718.
Chapelle Saint-Fiacre
Reconstruite en 1883, la chapelle n'a conservé d'ancien
que les deux culs-de-lampe qui sont encastrés dans le
pignon oriental. L'un d'eux supporte la statue en bois de
Saint-Fiacre vêtu en ermite et tenant une bêche. Sur
l'autre est placée une statue retirée des ruines d'un sanc-
tuaire voisin et représentant saint Tugen en abbé mitré.
Le village de lanfiat où se trouve cette chapelle est
mentionné dans la
charte de fondation du prieuré de
Saint-Tutuarn (He Tristan) dressée en 1126. Parmi les
dons que Robert, évêque de Cornouaille, fit à ce prieuré,
figurent les deux tiers de la dime de Lanfial. Dans la
Celui-ci, de son mariage avec Marie Gourmelen, de Pouldavid, eut,
entre autres enfants, Sébastien qui fut notaire ; Marie-Renée, lennue de
René-Sébastien
Bihan de kergoat, notaire à
Ploneis et Gillelte,
épouse de Gilles Le Hars, qui tenait ce domaine en 1770.
- 112 -
déclaration fournie au domaine royal, en 1678, par Jean
Rolland, sieur des Nos, procureur fiscal du prieuré, le
rendement de cette dime est évalué à quatre combles de
seigle.
La chapelle Saint-Fiacre, vendue nalionalement le
3 messidor an III, fut acquise par Pascal Le Guellec
moyennant 425 livres. Le même jour, la chapelle Saint-
Pierre était adjugée avec son cimetière pour le prix de
1600 livres.
Croix de Pierre
Dans cette paroisse existent encore plusieurs croix
anciennes, parmi lesquelles :
La croix du cimetière qui porte le millésime de 1616 ;
Au nord de la chapelle Saint-Pierre, un calvaire dont
la partie supérieure est moderne :
Dans le vallon de Stang-irvin, non loin de la fontaine
Saint-Pierre, une jolie croix du xvi siècle, dont le fût
comme celui des croix érigées à l'occasion d'une épidé-
mie, est semé de larmes ;
A la jonction du chemin de Lescran et de l'ancienne
route de Mahalon à la Trinité, une croix portant sur son
soubassement l'inscription suivante :
1647 KERVENAL PRESTRE (1)!
On peut encore citer la croix de Lanfiat voisine de la
-
chapelle de ce nom.
Aumônerie de Mahalon
Fondé à Jérusalem au commencement du xn° siècle,
l'Ordre de l'Hôpital ne devait pas tarder à recevoir en
(1) Pascal Kervenal qui était prêtre avant. 1616, habitait le village de
Lescran où sa famille possédait une tenue.
COMMUNE DE MAHALON
dujen
Le Goayen, R
Kerit
Keranai
loay
Ereval
Pirzou
ahatonel
batmonde
Lohante Direga
iStanğT!
Cavitas
colic
'ell
LEGENDE:
Penfrat
JAL
Vores romaines.
Mottes féodales.
Echelle
2 Kil
Limites de
•communes.
- 113 -
Bretagne des dons importants qui lui permirent de créer
un certain nombre d'hôpitaux (1). Il possédait à Mahalon
une aumônerie (elemosine) dont l'existence est attestée
par une charte de 1160 attribuée au duc de Bretagne,
Conan IV, charte dans laquelle ce prince confirmait aux
hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem la possession des
biens qui leur avaient été antérieurement concédés dans
le duché.
L'aumônerie de Mahalon paraît avoir subsisté jusqu'au
xive siècle. Les restes de cet établissement étaient deve-
nus, au siècle suivant, la propriété de Jehan Gouserch
et de Levenez Gouserch, femme de Guéguen Le Quéré,
qui rendirent aveu, en 1497, á Jehan de Cornouaille, sei-
gneur de Goetmorvan, " pour une maison nommée Ty
an Rugnou (maison des tertres) o son courtil situés au vil-
lage prochial de Kerilis-Mazalon et ferant du bout devers
souleil levant sur le chemin qui mesne de la chapelle de
Sainct Pierre à l'église prochiale » (2).
C'est sur cet emplacement que fut dans la suite cons-
truit le presbytère.
Presbytère
Le manoir presbytéral que l'on avait édifié au xvue sie-
cle sur les ruines de l'ancienne aumônerie, a été récem-
ment démoli pour faire place à une nouvelle habitation.
Il était précédé d'une cour dans laquelle donnait accès
un portail en plein cintre que l'on a conservé. L'aveu
que fournirent, en 1681, pour la réformation du domaine
(1) Ces hôpitaux furent établis de préférence dans les villes ou sur le
bord des grands chemins. — Le vêtement noir que portaient les Hospita-
liers était orné sur la poitrine d'une croix pattée de couleur blanche.
(2) Archives personnelles auxquelles sont empruntés tous les renseigne-
• ments dont la source n'est pas indiquée.
BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉO. — TOME XLI (Mémoires 8.)
-114 -
royal, Guillaume Guibon de Brégouronec, procureur ter-
rien, et Guillaume Le Peusiat de Kervennal, fabrique et
marguillier, contient la description de ce presbytère et
de ses dépendances. Dans le même acte sont également
mentionnés quatre champs nommés Parc ou Sant Vall (1)
que la fabrique possédait aux issues du village de Les-
coat. (Arch. Nat., P. 1690, V. ° 437.) ••
Le sceau des recteurs de Mahalon que reproduit l'Ar-
morial général dé 1696, portait : d'azur
au sautoir d'or.
Anciens Recteurs
1596. Décès de Jehan de Kersandy (fils d'Yvon de Ker- .
sandy et de Marguerite de Trémarec).
16... Hervé de Kergoët du Guilly, décédé à Mahalon(2).
1632. C. Cever (Son nom est gravé sur un cadran so-
laire en ardoise).
1670-1680. Sébastien de Kerviher (fils de Pierre et de
Marie Toulanlan, dame de Treffrest).
1683-1685. Jean de Chégaray, docteur en Sorbonne,
transféré à Pouldreuzic.
1687-1695. Jégou.
1699-1742. Jean Boëdan (3):
1742-1767. Jean Penfrat-Bassemaison, docteur en Sor- .
bonne.
1767-1789. F. Perrichon (4). •
1789-1792. M. Sohier.
(1) Avant la Révolution, il existait au bourg de Keridreu une chapelle
dédiée à saint Mal ou saint Wall, le même peut-être que saint Walay ou
Balay, moine de Landevennec au vr siècle.
(2) Son grand-père, Alain de kergoël, époux de Julienne de regain,
était mort en 1596 dans les cachots de PIle Tristan. La Fontenelle lui
ayant permis de faire son testament, il déshérita sa fille qui voulait se
marier contre son gré. (Bibliot. Nat. ms 31081)..
• (3) 11 fit rebâtir la sacristie en 1726 et, en 1739, légua à la fabrique le
quart du convenant Kergodérien (anciennement keranscoëdérien).
(4) Il devait être originaire de Lennon où sa famille était possessionnée.
- 115 —
Vicaires. - Prêtres de Mahalon
1596. Henry de Kerven, prêtre, demeurant à Kerriga-
ret, afferme l'annate de Mahalon.
1615-1647. Pascal Kervénal, prêtre à Lescran où il
devait tenir une petite école.
1660. Hervé Jacq (neveu du précédent), vicaire, pos-
sesseur à Kerrétard d'une tenue où il résidait.
1669. Yvon Euzen (de Plomodiern), vicaire.
1672-1684. Nouel Gardonnay, vicaire.
1675-1701. Guillaume Jannic (de Mahalon), vicaire
depuiş 1688.
•
1684-1721. Jean le Pérennou (de Mahalon), prêtre.*
1701-1.702. Jean Le Pennec, prêtre.
1701-1702. Pierre Le Floch, vicaire.
1704-1718. Jean Le Queffurus (de Meylar), vicaire.
1711-1720. J. Savina, vicaire..
1716-1760. Joseph Hélias, litulaire de la chapellenie de
Kerharo.
Sur la façade de sa maison à Lestréaugan est sculpté
un calice.
1730-1736. Yves Quéré (de Mahalon), prêtre.
1739-1787. Louis-Prançois. Boëdan, prètre.
1747-1752. Alain Gloaguen, nommé curé de Guiler.
• 1752-1757. Gilles-Baptiste Le Hars (de la tenue Le Coz)
devint chanoine de Daoulas et fut incarcéré en 1793.
1760-1763. Le Coz, prètre.
à
1760-1779. Allain Le Guillou (de Mahalon), mort
quarante-six ans.
1764-1767. Y. Jourdain, vicaire.
1769-1774. Le Brusq, prêtre.
1770-1782. J. Perrichon, vicaire depuis 1778.
1782-1791: Gloaguen, vicaire.
- 116 -
Monuments anciens
La plupart des mégalithes que Mahalon possédait au-
trefois se rencontraient dans la partie méridionale de
son territoire qui est limitrophe de Plozévet. C'est prin-
cipalement dans la section de Lanavan que l'on trouve
des champs portant les noms significatifs de pure an
bernou et de Parc an crughel.
Deux menhirs assez élevés qui, au siècle dernier, exis-
taient encore dans un pré situé entre Kerétret et Lana-
van, ont été renversés vers 1855. Il y avait sous chacun
d'eux une petite hache en pierre. A la même époque
doit remonter la destruction, sur les terres de Lanavan, .
d'undumulus haut de deux mètres et recouvrant cinq ou
six cercneils en pierre hermétiquement fermés.
Au même terroir, près de Keroursinic, un autre tumu-
lus qui fut exploré en 1880, abritait trois tombes formées
de quatre dalles posées de champ et d'une cinquième
servant de couvercle. Deux de ces coffres en pierre ren-
fermaient des squelettes (1).
Il y a trois ans, sur les dépendances de Brégodonou,
on a trouvé une urne contenant cent-quarante-cinq
haches en bronze.
Moins nombreuses sont les traces que l'occupation
romaine a laissées dans Mahalon. Rappelons toutefois
qu'en 1884, M. l'abbé Abgrall, professeur au Petit Sémi-
naire de Pont-Croix, a découvert un souterrain, des sub-
structions d'habitations et des tuiles au nord de Lésivy.
Près de cet ancien manoir passait une voie qui se raccor-
dait, à l'ouest de Confort, avec la grande voie reliant la
ville d'Is à Audierne.
Un autre chemin dont l'origine ne paraît pas moins
ancienne
est celui qui, partant du bourg de, Kéridreu,
(1) Bull. archéol. du Finistère, 1880, p. 138.
- 117 →
passait à Lanrin et à Mahalon, entre l'église et l'aumô-
nerie des Hospitaliers, puis atteignait Lestréaugan où
l'on voyait, encastrée dans un talus, une borne à pans
coupés déplacée depuis peu. Au delà de Lesmahaton, le
chemin, après avoir traversé le territoire de Guiler, allait
rejoindre, à l'est de Landudeo, la voie romaine de la
Pointe du Raz à Civitas Aquilonia.
Ce chemin gui était devenu impraticable a été restauré
de nos jours entre Guiler et Mahalon. Lorsqu'on se dirige
vers ce dernier bourg, des hautcurs de Lestréaugan, l'œil
embrasse un vaste panorama. A droite, on aperçoit les
clochers de Poullan, de Meylar, de Confortet de Beuzec ;
à gauche, la tour massive de Plouhinec. On a devant soi
le campanile de Saint-Pierre, la pointe de la flèche de Ma-
halon et dominant le cours du Goazien, la magnifique
tour de Pont-Croix. Enfin, par un temps clair, on distin-
gue dans le lointain plusieurs des clochers du Cap-Sizun.
MOYEN AGE
Coatmorvan
Un aveu de 1361 mentionne ce château dans les termes
suivants : « un grand bois taillis et une petite montaigne
ayant un vieux château dedans, appelé en tout castel
Coatmorvan » (1).
Ce mont artificiel qui consiste dans un épais retran-
chement en terre, haut de cing à six mètres et accompa-
gné de douves, enveloppait deux groupes de bâtiments
séparés par une courette et couvrant une superficie de
six ares.
(1) Aveu que rend Jehan Le Quéré de Ranquéré à Françoise de Ker-
guégant, dame de Heznant et de Kervichart, douairière de la Porte-
neuve pour le bois de Coatmorvan et le Prat ar Yeun attenant à ce bois
qu'il tient à titre de pasturaiger et forestier pour en payer 25 souz par an,
= 118*-
- Au sud dé l'entrée s'élevait le donjon C qui forme un
rectangle de 17 mètres de long sur 10m50 de large, à
Nord
90м
іними.
COATNORVAN. - Plan
Textérieur. Ses murs, construits en moyen appareil,
ont encore 5"50 de hauteur et 1"40 d'épaisseur au
- 6,00 -»
MOTTE de COAT-MORVAN
COUPE SUR LE DONJON C ET LE LaCIS d2'
Le " " spa
- 120 -
sommet. Du côté nord s'ouvrait la porte relevée de
4 "40 au-dessus du niveau de la cour et à laquelle on
accédait au moyen d'une échelle. Cette porte donnait
( 1:
COATMORVAN. — Reconstitution.
(Vue cavalière)
entrée dans une vaste pièce au centre de laquelle une
aire cirçulaire en argile calciné tenait lieu de foyer et
- 121 -
devait correspondre à une ouverture pratiquée dans le
toit pour livrer passage à la fumée. Le donjon n'ayant
pas de rez-de-chaussée, sa partie inférieure ne présente
terres du re-
aucune ouverture et ne renferme que les
tranchement dans l'épaisseur duquel il fut construit. Ces
dispositions qui annoncent l'enfance de l'art se retrou-
vent également au Castel-Coz en Plougastel.
Un autre batiment moins élevé, se rattachant au don-
jon du côté ouest, comprenait deux pièces dd' séparées
par un mur de refend et communiquant avec la cour par
des porles ayant 1. mètre d'ouverture. La pièce d'était
munie d'un foyer en contre-bas du sol, semblable à ceux.
de l'époque gallo-romaine et d'une poterne large de 0 ™ 65
destinée à faciliter l'accès du ruisseau qui coule dans le
vallon voisin.
Les maisons bb', au nord de la cour, paraissent moins
anciennes. Quelques débris de pierres moulurées, trou-
vés dans les déblais, feraient croire qu'elles étaient
encore habitées au xiv° siècle.
En dehors de l'enceinte fortifiée, il ne reste aucune
trace de constructions; on remarqúe seulement à 60 mè-
tres vers le nord, les substructions d'un colombier de
petit diamètre.
L'exploration de cette enceinte, en 1882, n'a produit
qu'une clef en fer à tige courte et anneau carré, un mor.
ceau de bois de cerf et quelques fragments de poteries:
La construction du donjon de Coëtmorvan ne saurait
être postérieure à la fin du xr° siècle et il est prohable
qu'elle remontait à une date plus reculée. Ses ruines,
malgré leur état de dégradation fort avancé, peuvent
encore donner une idée de ce qu'étaient les premières
forteresses que la féodalité éleva dans nos contrées.
*
*
Si les noms des premiers successeurs de Morvan ne
.- 122
sont pas venus jusqu'à nous, on peut du moins, au moyen
des documents assez nombreux que fournissent les xr°
et xvre siècles, établir depuis cette époque la suite des
-seigneurs de Coatmorvan.
L'un d'eux, Yvon Buzic, avait épousé Blanche de la
-Vitlèneuve qui eut en douaire le pré et le moulin Morvan
et dont le rachat fut acquitté en 1410 (1).
- Jehan de Cornouaille; seigneur de Heznant, est cité
dans la réformation de 1443 comme possédant Coatmor-
van qui après lui, vers 1405, passa à son fils Loys de
Cornouaille. Celui-ci, en mourant (1475), donna celte
• seigneurie en douaire à sa femme, Pezronnelle de Guen-
gat qui, dès l'année suivante, élait remariée à Bertrand
de Lanros.
Le fils ainé de Loys, Jehan de Cornouaille; auquel
appartenait Coalmorvan en 1497, mourut en 1503, lais-
•sant de son mariage avec Jehanne de Lanros (2) une fille
unique, Jacquette de Cornouaille. En qualité de curatrice
de sa fille, Jchanne de Lanros reçut le compte des
recettes et dépenses de Coalmorvan pour les années
1503, 1504 el 180š. Dans ce compte présenté par Jehan
du Menez, sieur de Lezurec, receveur de la seigneurie,
figurent les dépenses faites en 1505 pour planter la motte
et pour transférer à une autre place le moulin qui tom-
•bait en ruines.
Jacquette de Cornouaille était en 1509 mariée à Jacques
de Cluhunault. Décédée sans enfants avant 1530, elle
légua sa fortune à su cousine-germaine, Françoise de
Kerguégant qui avait épousé, en 1510, le seigneur de la
Porteneuve, Charles de Guer, veuf en premières noces
de Françoise de
Kercaro. De cette union étaient issus
(1) Archives du Finistère, A, 39.
(2) Elle était fille de Bertrand de Lanros et de sa
première femme,
Jehanne de Névet, morte en 1475.
•= 123 ÷
'trois fils dont le plus jeune, Yvon de Guer, hérita de ses
deux aînés,morts sans postérité.
Yvon de Guer mourut lui-même en 1574, laissant à sa
veuve, Catherine de Quélen, le soin de conclure un
arrangement avec Nicolas de Tyvarlen relativement à la
succession de Charles de Guer, aïeul maternel de ce der-
nier, qui, depuis 41 ans, n'était pas liquidée. Entre les
parlies intervint un accord aux termes duquel la Maison
de Guer céda et transporta au seigneur de Tyvarlen tous
ses droits sur la scigneurie de Coatmorvan (1574).
Cetle seigneuric, bien qu'elle fut une des plus an-
ciennes du pays, était loin d'avoir une étendue considé-
rable. En dehors du domaine proche comprenant un bois
d'une
dizaine d'heclares avec un marécage nommé
ar yeun et un moulin, elle possédait seulement six ou
sept convenants (1).
On lui trouve, il est vrai, un certain nombre de mon-
vances dans la paroisse de Mahalon et dans celle de
Pouldergal où les lerres de Kerguélénen et du Guilly,
ainsi qu'une partie du bourg, relevaient de Coatmorvan.
Ce fief s'étendait en outre sur le manoir de Lespervez en
Ploaré et sur quelques villages disséminés dans Plou-
hinec, Plogoff et les autres paroisses du Cap-Sizun.
Lit cueillette des redevances se faisait en partie au
bourg du Pouldergat où, chaque année, un copieux repas
élait servi au receveur et au sergent de Cootmorvan (2)
et en partie à Pontecroix. Dans cette dernière ville, les
redevances en argent se payaient sur les marches de.la
• croix de Notre-Dame-de-Roscudon près de laquelle était
(1) Ces convenants étaient : Kermaden, Cazec-Goazien,
Poullen,
Ranqueré, deux tènements å Lanryn et Kernavalen (en Guiler).
(2) Ce repas, appelé viande des garçons, que devait fournir un domaine
dependant de Kerguelenen, comprenait : un chappon, chair sallée, une
piecze de mouton, pain de froment pour deux hommes et une quarte de
- 124 -
placée une chaise ou chaire servant aux receveurs des
seigneuries qui, comme celle de Coëtmorvan, convo-
quaient leurs tenanciers à cet endroit (1). Cette chaire
parait avoir donné son nom à la rue Chère qui conduit de
église à la place du Marché.
-
Cazec Goazien
Il existe dans les mêmes parages une autre motte féo-
dale qu'une distance d'un kilomètre environ sépare du
Castel Coëtmorvan. Située sur les dépendances du village
de Cazec Guazien, cette motte est de forme ovale et
mesure 32 mètres de grand axe. Sa hauteur atteint à
peine 3 mètres. La proximité des deux mottes qui
étaient autrefois comprises dans les limites de la même
seigneurie, ferait supposer que la forteresse de Cazec
Goazien fut la première résidence des possesseurs de
cette seigneurie qui l'abandonnèrent ensuite pour cons-
truire le donjon de Coatmorvan.
Ce lieu de Cazec Goazien (cavale du Goazien) avait dû
emprunter son nom à un rocher voisin du cours d'eau et
dont la forme rappelait de loin la silhouette d'un cheval.
Kerandraon
Cette seigneurie a été pendant plusieurs siècles en la
possession d'une très ancienne famille, les Kercaro, qui •
avait pour berceau, dans la paroisse de Cléden-Cap-
Sizun, le manoir de Kercaro ( Villa cervi) situé. à trois ou
(1) Cet usage de percevoir les rentes en plein air était général en Bre-
tagne au xv• siècle. Ainsi, à Vannes, le receveur des Régaires se tenait
« assis en une chère » près de l'église Notre-Dame du Méné.
- 125 —
quatre cents mètres de la mer et à peu de distance de la
voie romaine qui aboutissait à la forteresse de Castel-
Meur. Ce manoir de Kercaro paraît avoir été abandonné
de honne heure par ses seigneurs que l'on trouve, des le
xIve siècle, établis à Mahalon (1l.
Le manoir de Kerandraon qu'ils édifièrent dans cette
paroisse était demeuré à peu pris intact jusqu'en 1750,
mais à cette époque, on démolit l'étage supérieur dont
les pierres furent transportées au Guilguiffin. De la cons-
truction primitive, il ne reste maintenant qu'une partie
du rez-de-chaussée comprenant, outre l'entrée et la tou-
relle qui contient l'escalier à vis, une salle de 12 mètres
de longueir sur 6m60 de largeur et 4m 15 de hauteur.
Cette salle est éclairée par deux grandes fenêtres à
croisées de pierre.
Au levant, la cour est limitée par une haule muraille
percée au rez-de-chaussée de portes en ogive et, aux
supérieurs, de plusieurs fenêtres. Des appentis
étages
servant de granges et d'étables étaient adossés à cette
muraille ainsi qu'au rampart crénelé qui forme au sud et
à l'ouest la clôture de la cour.
Le colombier s'élève au nord-ouest du manoir. Entre
ce dernier et l'église paroissiale s'étend un verger d'une
contenance d'environ trois hectares qu'entourait naguère
un mur qui subsiste en partie du côté ouest.
*
*
La seigneurie de Kerandraon avait droit de haute,
moyenne et basse justice et possédait les premières
prééminences de l'église de Mahalon où l'on voyait, au-
(1) Kercaro était en ruines longtemps avant 1340. De ce manoir dépen-
dait le bois taillis de Coatdéro, dernier
vestige d'un quartier de la forêt
de Névet qui jadis s'étendait le long de la côte, dans la direction du Cap-
- 126.-
dessus du portail occidental, le blason de Kercaro : de
gueules au massacre de cerf d'or. Un procès-verbal dressé
en 1635, lui attribuait, en outre, dans le chœur de l'église,
six tombes basses et, devant le maître-autel, une tombe
élevée sur laquelle était représenté un chevalier portant
sur son écu une rencontre de cerf. C'est dans cette tombe
qu'avait été inhumée en 1611, Anne de Tyvarlen, dame
douairière de Plœuc.
Chaque année, à la fête de saint Mahé, le manoir de
Kerandraon devait un bouquet de róses au seigneur de
Pontecroix auquel ne le rattachait toutefois aucun lien
de sujétion féodale puisque, de temps immémorial, Kéran-
draon relevait directement du duc. G'est au dauphin, duc
de Bretagne, que Guillaume de Tyvarlen, comme garde
naturel de son fils Nicolas, présenta, en 1540, son aveu
pour cette seigneurie qui, en outre du manoir avec ses
maisons, porte-close, colombier, verger cerné de murs et
autres appartenances, comprenait un moulin
appelé
Meil Kerharo, les domaines de Kerjacob (ou Keransal; et
de lanhoantec (composé de trois tenues) et plusieurs
autres convenants dans les paroisses de Mahalon et de
Meylar. De Kerandraon dépendaient également quelques
domaines relevant de Coatmorvan, savoir : les trois
domaines de Kerilis-Mazalon (1) ; et •les villages de
Penanros, de Kérégoat (Kéréval) et de Lestréaugan.
*
Pendant la guerre de la Succession, Henry de Kercaro,
seigneur de Kerandraon, avait suivi la bannière de Char-
les de Blois. Après la bataille d'Auray, il bénéficia, ainsi
que les sires de Névet et de Kerengar, de l'amnistie
•accordée par Jean de Montfort, en 1364, aux partisans de
son rival.
(1) Ces domaines, avec le presbytère et deux autres maisons, formaient
le bourg de Mahalon qui, jusqu'à ces derniers temps ne comptait que 6 feux..
- 127 -
Henry de Kercaro, fils du précédent, était àgé de 51 ans
lorsqu'il fut entendu comme témoin dans l'enquête rela-
tive aux droits du vicomte de béon en Cornouaille (1411).
Ses successeurs portèrent comme lui le prénom d'Henry.
L'un d'eux qui mourut en 1475, fut père de Jehan de
Kercaro avec qui s'éteignit la descendance masculine de
cette famille.
Jehan de Kercaro (1456-1601) avait éponsé Jehanne de
Kerigny, dame de Kerdrein, en Guengat. Il eut pour héri-
tière principale sa fille aînée, Françoise de Kercaro, qui
était mariée à Charlesde Guer, seigneur de la Porteneuve.
Décédée en 1508, Françoise de Kercaro fut ensevelie
dans l'église de Riec. Elle laissait un fils, René de Guer,
qui épousa en 1620 Françoise Le Thominec dont il n'eut
pas d'enfants et une fille, Magdeleine, qui fut mariée à
Guillaume de Tyvarlen, seigneur de Guilguiffin. Magrle-
leine de Guer mourut vers 1535, après avoir recueilli
dans la succession de son frère les seigneuries de Keran-
draon, Kercaro, Lescogan et Kerdrein qu'elle transmit à
son fils, Nicolas de Tyvarlen.
On trouvera dans la monographie de Landudec quel-
ques détails sur la vie de ce seigneur qui décéda en 1585.
De son alliance avec Louise de Rosmadec, Nicolas de
Tyvarlen eut quatre filles dont l'aînée, Anne de Tyvarlen,
en épousant Jean de Plœuc (1580) lui apporta, entre
autres terres, celle de Kerandraon que possèdent encore
leurs descendants (1).
Kerlaouénan
Il ne subsite aucun vestige de ce manoir qui fut le her-
ceau d'une famille d'ancienne chevalerie.
(1) Le manoir appartient actuellement à N°• la baronne de Gargan,
fille du conte Henry de Salaberry qui avait fondé à Mahalon deux écoles
libres dirigées, L'une par les frères de Lamennais, l'autre par les Filles de
Jésus de kermaria.
: • •
- 128}-
Alain de Kerlouénan qui était, en 1344, capitaine de
Quimper pour Charles de Blois, mourut en 1370 et fut
enseveli avec l'habit de Saint-François, dans l'église du
couvent des Cordeliers. Marguerite de Plœuc, sa femme,
décédée quatre ans plus tard, fut également inhumée
dans cette église.
Leur fils, Alain de Kerlouénan, avait épousé Hazevis
de Meylar (1), veuve de Guillaume de Pennault. Décédé
en 1379, il ne laissa que deux filles, dont l'aînée, Cons-
tance, épousa Jehan de Poulmic, gouverneur de Quim-
per. Constance de Kerlouénan mourut en 1403 (2).
Entrée dans la maison du Chastel, en 1489, par l'alliance
de Marie de Poulmic avec Olivier du Chastel, la seigneu-
ric de Kerlouénan fut apportée en mariage (1528) par
Jehanne du Chastel à Alain de Rosmadec, seigneur de
Tyvarlen: Elle resta dans leur descendance jusqu'en
1630, date à laquelle Françoise du Quélenec, dame douai-
rière de Visdelou, en fit l'acquisition.
En outre du manoir et de son moulin, cette terre com-
prenait une douzaine de convenants au nombre desquels
se trouvaient Kerangouzouc'h, Kersafrédour, Kerliguil et
le village de Kerdrein en Guiler. Après le décès de la
dame de Visdelou, survenu en 1634, Kerlaouénan entra
dans le partage de son fils aîné, Claude Visdelou, sei-
gneur de Bienassis et de Pratanras. Celui-ci mourut en
1658 et eut pour héritier principal son petit-fils, François
Hyacinthe Visdelou, gouverneur de Quimper en 1683,
dont les descendants aliénèrent, au xvure siècle, la terre
de Kerlouénan.
(1) Archives de la Loire-Inférieure, B, 2035. Aveu rendu en 1380 par Haze-
vis de Meylar pour les biens qu'elle tenait en douaire. Du premier ma-
riage de Hazevis de Meylar (1350) était née Plezon de Pennault qui épousa
Alain de Tyvarlen et mourut en 1421, âgée de 70 ans.
(2) Sa sœur puinée, Alix de Kerlouénan, mariée à Jehan de Langue-
ouez, décéda en 1416.
- 129 :-
Le vieux manoir auquel a succédé une habitation mo-
derne et le moulin qui est devenu l'une des minoteries
importantes du pays, sont actuellement la propriété des
enfants de M. Le Bihan, ancien maire de Mahalon.
Poulguilou
Sur le hord de l'étang de Poulguilou s'élevait autrefois
un château dont le plan cadastral indique l'emplacement.
On retrouve ses substructions sur une pointe de terre
qui s'avance dans l'étang et
qui devait former un îlot à
l'époque où les douves qui
l'entourent sur deux de ses
côtés étaient
elles mêmes
alimentées par les eaux de
l'étang. Le plan de ce châ-
teau semble le rattacher à
:
la classe des forteresses féo-
dales du xie siècle:
Polgelou eut à l'origine des seigneurs de son. nom.
L'un d'eux, Guillin de Polgelou, chevalier, qui contestait-
au chapitre de Quimper les redevances en ávoine et en
gelines que payaient cing villages de Tréguenc, se désista
en 1245 de ses prétentions en faveur du dit chapitre (1).
Au commencement du xr° siècle, Polgelou appartenait
au sire de Kaer, Jehan de Malestroit, dont le rachat fut
payé en 1416 ; quelques années plus tard, il passa par
héritage à Hervé de Névet qui mourut en 1444.
Jacques de Névet, gouverneur de Quimper, décédé en
1558, transmit Polgelou à sa fille aînée, Catherine de
Névet, qu'il avait mariée à Jehan de Kerouant, seigneur.
(1) Cart, du chap, de Quimper. Bib. Nat. Lat. 9891, F° G et 15.
BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉO. - ToME ILI (Mémoires 9).
- 130 —
de Kernuz. Dans les dernières années du xvr siècle,
Jehanne de Kerouant, petite-fille et principale héritière
des précédents, épousa Vincent de Coetanezre, seigneur
•de Granec (1). Elle ne laissa qu'une fille, Suzanne de
Coetanezre, qui apporta en mariage, vers 1612, à Vincent
de Plœuc du Tymeur son riche patrimoine duquel dépen-
daient les manoirs de Lescongar et de Poulguilou.
Jean de Plœuc, baron de Kerouant (2) auquel ces deux
manoirs étaient échus en 1628 de la succession de sa
mère, Suzanne de Coetanezre, les vendit en 1640, à
Pierre Le Barz, sieur de Kerlambert. Dans l'acte de vente,
Poulguilou est estimé 2000 livres tournois. Ses dépen-
dances, métairie, colombier, étang (3) chaussée et em-
placement de moulin rapportaient annuellement 12 li-
vres et 4 chapons. En outre, surles villages de Landiduy,
Feunteunigou, Lescran huéla et izéla, des chefrentes
étaient dues à cette seigneurie qui relevait prochement
du roi et dont les prééminences dans l'église de Mahalon
consistaient en plusieurs écussons aux armes de Névet.
Dix ans plus tard, Poulguilou passa par échange des
mains au sieur de Kerlambert dans celles de Sébastien
de Plœuc du Guilguiffin qui habitait alors le manoir de
Kerandraon (1650).
Lanavan
Dans la réformation de 1443, Lanalan qui appartenait
(2) Vincent de Coetanezre, de son premier mariage avec Anne de Mes-
gouez, avait une fille qui épousa en 1610, Jean de Carné. En 1595, on le
trouve à la tête des paysans réunis à Saint-Germain pour investir File
Tristan. La Fontenelle le fit prisonnier, mais il ne tarda pas à recouvrer
sa liberté.
(3) Il habitait Kernuz et avait épousé vers 1635 sa cousine-germaine
Anne de Carné dont il eut un fils, Pierre de Plœuc, marié en 1658 à
Jeanne de Penfeuntenyo et trois filles. Sa seconde femme, Françoise du
Drémiet, était veuve en 1648.
(4) On évalue à 23 hectares la superficie de cet étang dont la pêche, en
1715, était louée 24 livres.
— 131 —
à Guillaume de Tyvarlen, seigneur du Guillyguivin, est
cité, non comme manoir, mais comme « un simple vil-
lage », ce qui ferait supposer que le premier manoir qui
y fut construit datait seulement de la seconde partie du
xve siècle. Lanalan à cette époque était devenu la pro-
priété des Penfrat (1).
Ce manoir, en 1502, était habité par Maître Yves Pen-
frat auquel succéda Jehanne Penfrat qui, décédée vers
1519, eut pour fils et héritier Yvon Geffroy, écuyer.
Celui-ci fut père de trois enfants dont l'aîné, Allain
Geffroy, mourut sans postérité. Ses deux filles, Margue-
rite et Hélène épousèrent, l'une François de Marchallech,
sieur de Trélen, l'autre François de Coetanezre, sieur des
Salles.
Après la mort de son beau-frère Alain Geffroy (1572),
François du Marchallech vint habiter Lavanan dont sa
femme avait hérité. Décédé lui-même quelques années
plus tard, sans laisser d'enfant, il fut inhumé dans la
tomhe que les seigneurs de Lanavan avait à Plozévet. Sa
veuve, Marguerite Geffroy, qui s'était remariée à Pierre
du Dresnay, vivait encore en 1605. Lorsqu'elle mourut,
la terre de Lanavan passa à l'aînée de ses nièces, Julienne
de Coetanezre, dame de Reuvillon.
Julienne de Coetanezre, avait épousé en premières no-
ces René du Dresnay, seigneur de Kercourtois, dont l'his-
toriographe de la Ligue a narré la fin tragique en 1594 (2).
Restée veuve avec une fille en bas-âge nommée Margue-
rite, elle était remariée avant 1597. au capitaine Le Clou,
se disant gentilhomme poitevin et sieur de Reuvillon,
qui paraît avoir vécu jusqu'en 1616. Enfin, vers 1620, elle
(1) Cette famille avait pour bercean le manoir de Penfrat en Landudec
où résidait, en 1426, Maître Yves Pentrat. Elle parait avoir eu une origine
commune avec les Pencoet qui porlaient les mêmes armes et dont le nom
rappelait celui de l'ancien castel de Penengoet, peu éloigné de Penfrat.
(2). Chan. MorkAu, chap. XXVI, p. 300.
- 132 -
contractait une troisième union avec Martin de Bragelon-*
ne dont le frère aîné, Claude de Bragelonne, était, depuis
plusieurs années, marié à Marguerite du Dresnay et
devenait ainsi belle-sœur de sa fille. Julienne de Coeta-
nezre avait aliéné; en 1616, une partie de ses domaines (1).
Vers la même époque, elle vendit le manoir de Lanavan
à Sébastien Le Gubaer et à Marie Gouesnou, sieur et dame
de Keraval.
Dans la suite, on trouve ce manoir entre les mains d'un
petit-fils des acquéreurs, François Le Gubaer, qui avait
pour femme Suzanne Le Baillif et dont la fille aînée, Marie-
Anne Le Gubaer, épousa, en 1676, Jean Grégoire de Kera-
try, sieur de Kerbiquet.
François Le Gubaer qui mourut en 1683, avait en 1678
fourni aveu au Roi pour le manoir de Lanavan dont les
dépendances comprenaient cour close au midi, jardin au
levant, futaie au couchant, chapelle en ruine, colombier,
métairie... (Arch. Nat. P. 1690, V, Fo 403.) Cet aveu décrit
longuement les prééminences de Lanavan qui possédait :
A Mahalon, dans la chapelle Saint-Michel, à droite du
chœur, une tombe sur laquelle était sculpté un éléphant
portant un château (armes des Penfral) ;
A Plozévet, dans le chœur, une tombe haute chargée de
cing écussons des armes pleines ou en alliance des sei-
gneurs de Lanavan et, dans la maitresse-vitre, un écusson
parti au 1, d'azur à l'éléphant d'argent portant une tour
d'or ; au 2, d'azur au chevron d'argent accompagné de trois
cignards de même, 2, 1.
Enfin, le blason de Lanavan se voyait à la Trinité, dans
la fenêtre de l'abside, au-dessous des armoiries des Ro-•
han et des Le Barbu.
(1) Notamment deux tenues à Mezros izéla (Plozévet) vendues à Yves
Le Sal de Pontecroix et Kerlom (Mahalon) acquis par Jean Michelel, dit
Scol, d'Audierne.
- 133 →
. En 1716, la terre de Lanavan fut saisie à la requête de
créanciers de Pierre-Corentin de Keratry qui l'avait héri-
tée de sa mère, Marie-Anne Le Gubaer. Cette terre com-
prenait, outre le manoir et sa réserve affermés 165 livres
à la dame de Quélen, la grande garenne de Lanavan con-
tenant plns de cent journaux, les domaines de Kervena-
let et de Rulan en Mahalon, quatre convenants dans Plo-
révet et une tenue à Kergurun en Plovan. Vendu judiciel-
lement à Rennes en 1723, Lanavan cut pour acquéreur
Jean-Baptiste Le Baillif, sous-brigadier des chevau-légers
de la Garde et Chevalier de Saint-Louis (1).
Quelques années avant sa mort arrivée en 1735, Jean-
Baptiste Le Baillif avait reconstruit la maison d'habitation
dont la façade rappelle celle de l'ancien presbytère de Plo-
zévet. De son mariage avec Anne Porlodec (2) qui lui
survécut jusqu'en 1743, était issu Jean-Pierre Le Baillif
de Porzsaluden qui servit, comme son père et son grand-
père, dans les chevau-légers de la Garde.
Le dernier descendant de cette famille, Jean-Pierre Le
Baillif, prit part à l'affaire de Quiberon et mourut fusillé
à Auray en 1795.
Tromelin
Au fond de la vallée du Goazien se cache, près de son
morilin, le manoir de Tromelin. L'habitation actuelle, de
constitution récente, a remplacé un édifice du xv° siècle
dont on n'a conservé que la porte. L'écu triangulaire placé
au-dessus de cette porte devait jadis être armorié du bla-
son de la famille de Tromelin : d'azur au lévrier passant
d'argent.
(1) Fils aîné de feu Nicolas Le Baillit, sieur de Porzsaluden, l'un des
200 chevau-légers de la Garde du Roi. Sa mère, Claude Le Gubaer, morte
en 1089, était sœur de François Le Gubaer. Elle avait eu en partage Kereu-
zénic et le moulin de Lanavan.
(2). Elle était fille d'Eutrope Porlodec, sieur de Kerlivin mort en 1704
et de Catherine Le Sicourmat.
- 134 -
Au midi de la cour se trouvait une grande écurie sur-
montée d'un grenier à foin, semblable à celle du manoir
de Penquélennec en l'eumerit. Des anciennes construc-
tions il ne reste plus que le colombier que l'on prendrait
•de loin pour un fortin destiné à défendre les approches
du manoir devant lequel il se dresse sur un monticule
ayant la forme d'un còne tronqué.
*
*
*
Henry de Tuonmelin qui avait édifié ce manoir, mourut
en 1449. Sa femme devait appartenir à la maison de la Coul-
draie. Il ne laissa qu'une fille qui était mariée à Jehan de
Tréganvez et dont le fils, Jeban Il de Tréganvez, comparul
en 1481 à la montre de Carhaix pour son père et pour sa
mère, dame de Tuonmelin. Le fils de ec dernier, Charles
de Tréganvez, époux de Marie de Talhoet, mourut en 1524
et eut pour principale héritière sa fille ainée, Marguerite,
qu'il avait mariée à René de Trémillec.
Décédée en 1534, Marguerite de Tréganver fut inhumée
à Mahalon dans la tombe de ses ancêtres qui devait, qua-
torze ans plus tard, recevoir aussi les restes de son mari.
Son fils, Raoul de Trémillec, qui lui succéda dans les sei-
gneuries de Tréganvez et de Tromelin, mourut en 1547,
un an avant son père. Marié vers 1538 à Jehanne de Pen-
guilly, il en avait eu plusieurs enfants. Un seul survivait,
René de Trémillec, qui s'éteignit sans postérité en 1560
' et dont la succession fut recueillie par son oncle paternel
Maurice de Trémillec (1).
Il semble que Maurice de Trémillec était issu du second
mariage de René de Trémillec avec Olive Bohyc ou Ker-
léan. En 1579, il épousa Louise de Botigneau, veuve d'Alain
de Lezongar et mourut en 1584, laissant de cette union
un fils en bas-âge, Toussaint de Trémillec, qui le suivit
(1) Aveu
rendu en 1561 pour Tromelin et Lesiry. (Arch. de la Loire-
Infér., B. 1235.)
- 135 -
de près dans la tombe et une fille nommée Anne, qui resta
seule héritière de la terre de Tromelin (1) et des nom-
breux manoirs que possédait sa famille.
Anne de Trémillec (1580-1618) devait être déjà mariée
à Jean de Jégado, seigneur de Kérollain; lorsque ce vail-
lant homme de guerre sauva la ville de Quimper dont La
Fontenelle allait s'emparer (1597). Elle lui donna cing
filles (2) et un fils, Pierre de Jégado, qui fonda dans son ma-
noir de Kerlot, en Plomelin, une abbaye, dont sa sœur, Eli-
sabeth de Jégado fut la première abbesse. Pierre de Jé-
gado qui était écuyer de la petite écurie du roi et capitaine
garde-côtes de l'Evêché de Cornouaille, mourut en 1657,
sans laisser d'enfant de son mariage avec Françoise de
Trécesson. Sa succession que ses neveux, Pierre et Guil-
laume Poullain avaient acceptée sous bénétice d'inven-
taire, était encore en liquidation en 1666. A cette époque,
Guillaume Poullain habitait le manoir de Tromelin où il
résida plusieurs années.
En 1672, la terre de Tromelin fut acquise judiciellement
aux requêtes du palais à Rennes par le marquis de Ros-
madec. Le manoir et son moulin, alors affermés 430 livres,
étaient au siècle suivant afféagés pour la somme de 400
livres par an.
La famille Le Barz qui possède actuellement Tromelin,
se rattache aux Le Barz de Kerlamhert, riches marchands
de Pont-Croix sous le règne de Louis XIII (3).
(1) Cette terre comprenait la garenne de Kerilit, les domaines de Tro-
beuzec (en Meilar), Kerdalec, Kervenrial, Trémathouarn huéla, Kernerben,
le bourg de Guiler et, en partie Lescoet, Poulguyler, Cosquéric et Kerlion-
gar. Elle possédait une chapelle prohibitive dans l'église paroissiale et à
Guiler, un banc avec plusieurs écussons.
(2) Quatre d'entre elles furent mariées: Françoise, à Pierre Poullain du
Val Pontlo ; Anne, à Charles Le Heuc, Sgr de Lestiala ; Julienne, à Jean
du Haffont de Lestrédiagat ; et Marie, à Yves de Quélen de la Crecholain.
(3) « Cette famille est représentée par M. Guillaume Le Barz, maire de
Mahalon, époux de Charlotte Le Bihan, dont les trois fils, dans la guerre
Franco-Allemande, se sont signalés par leur bravoure.
L'aîné, Jean Le Barz, marié à Thérèse Queffurus, fut fait prisonnier à
- 136 -
Lesivy
-
Rien dans le village actuel de Lésivy ne rappelle l'exis-
tance de l'ancien manoir dont la chapelle et lesautres édifi-
ces ont entièrement disparu. Ce manoir qui parait avoir
originairement dépendu de Poullan, seule paroisse où il
eut des prééminences, avait donné son nom à une famille
chevaleresque qui se divisa en plusieurs branches (1).
! Henry de Lisivy était du nombre des chevaliers bretons
qui furent tués au siège de Saint-James de Beuvron (1426).
Il faisait partie du corps d'armée commandé par Arthur de
Richemont. Un de ses descendants, René de Lisivy, sei-
gneur du dit lieu et de Kerellaut (Kerlot), mourut en 1502,
laissant de son mariage avec Marguerite de Pontplancoet
deux filles (2) et un fils mineur nommé René. Ce dernier
fut probablement le père de Tanguy de Lesivy qui épousa
Françoise de Guengat et auquel appartenaient, en 1336,
les manoirs de Lesivy, Kerellaut et Botsavarn.
Dix ans plus tard, Lesivy était devenu la propriété de
Jacques Pencoet, sieur de Kerdanet. Il passa ensuite par
acquêt aux Trémillec qui le transmirent aux Jégado de
Kerollain. Ce manoir était depuis longtemps converti en
domaine lorsque le marquis de Rosmadec en fit l'acqui-
sition aux requêtes du palais de Rennes, en 1672.
*
*.*
Outre ces principaux manoirs, les anciennes réforma-
tions signalent dans Mahalon plusieurs lieux exempts de
fouages, tels que Roscaradec appartenant en 1443 à Jehan
Maubeuge; — le second, Michel, est tombé au champ d'Honneur (25 sep-
tembre 1914): - depuis plus d'un an, on est sans nouvelles du troisième,
Henri, adjudant au 48° d'Infanterie. »
(1) Une branche cadelte, établie au Rest (Plonéour) ; était represen-
tée, en 1426, par Thépaul de Lisivy marié à l'héritière de Croespileau en
Plovan et, en 1445, par Henry de Lisivy, seigneur de Croespileau.
(2) L'aînée, Jehanne, épousa 1 Pierre de la Lande, Sgr de Lestremec ;
2°, en 1308, René de Kersauzen, Sgr de Kervent. La seconde, Marie, était
en 1536, veuve du sieur du Moguermeur.
- 137 -
Kernoes anobli par le Duc; Keranscoëdérien (village du
bois de chênes) à Henry Le Mignon, anobli lui aussi pour
services militaires; - Lesmazalon (frontière de Mahahon)
où les Cogniou avaient un petit manoir; - enfin deux te-
néments, l'un à Lestréaugan, l'autre à Kernermen, que ma-
nœuvrait lui-même Mte Jehan Kerriou qui fut représenté
à la montre de 148l par son fils Guillaume, archer en
brigandine.
• On pourrait également citer les noms de plusieurs villa-
ges dont l'étymologie présente quelque intérèt. Landiduy
et Lanrin seraient, l'un " la terre d'Iduy", l'autre " la terre
de Rin "
, ou peut-être, bien qu'aucune tradition de lieu
consacré ne se rattache à ces villages, " le monastère
d'Iduy " et " le monastère de Rin ".
Kerangorc'h, (forme ancienne Kerangouzouc'h) " vil-
lage des Gouzerch "
, l'une des vieilles familles de
Mabalon. Kerseffrédour,
"village de Teffrédeuc ou d'E-
'. Le
varzec " Ranquéré " manse, domaine de Quéré"
préfixe Ran qui précède beaucoup de noms de lieux
dans la haute Bretagne, se rencontre très rarement en
Cornouaille.
Lanhoantec " joli monastère ". Il existe dans ce villa-
ge une chapelle dédiée à saint Pierre.
Kervaden, " village de l'homme bon ".
Brégodonou (en 1497 Brecudonou) " colline des ra-
miers "
Dans ces parages, où les pigeons sauvages devaient
abonder, le mot cudon est entré dans la composition de
plusieurs noms de lieňx comme celui de Roscudon où fut
édifiée la collégiale de Pont-Croix.
Quinipiern, plus anciennement Keranpiron.
Trévidiern," habitation du tiern ".
Trémathouarn, " habitation de la tribu de Mathouarn"
ou " trêve dédiée à Saint Mathouarn ".
- 138 -
Kervendal, " village de Guenaël ". .
Kerintum, (forme ancienne Queneut-tûn), " bois de la
colline ".
Lesivy, " cour d'Ivy", nom de saiht ou peut-être d'un
chef de clan.
Kerigaret, (anciennement Kerrigaffret).
Lescoet et Lescran se traduiraient par " lisière du bois"
plutôt que par " cour du hois " (1).
Lanavan (au xv° siècle Lanalan), " monastère " d'Alain.
De ce manoir dépendait Rulan "tertre du monastère".
Nous terminerons par le nom de la paroisse, Machalon
dont l'étymologie " mon cœur " est bien connue.
CONEN DE SAINT LUG
est également limi-
(1) Lescoet qui a ses terres contigués à Lescran,
trophe de Lestréaugan el de Lesmazalon. Il est peu probable que qua-
tre cours ou résidences seigneuriales aient existé si près l'une de l'autre.
Texte reconnu automatiquement sur les images : il peut comporter des erreurs de lecture. Le document reste la reference.