Cette base est destinée accueillir tous documents que vous possédez sur le Cap-Sizun. A terme, elle constituera une base de données où tous les amoureux du Cap pourront puiser des informations historiques, géographiques ou culturelles.

L'accès et l'envoi de documents est variable suivant votre status (visiteurs, membres, membres actifs).

Fouilles d’un tumulus et découverte de sarcophages gaulois à Mahalon

Archéologie · Mahalon

Article paru dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère, année 1880, pages 138 à 144. Fac-similé numérisé par la Bibliothèque nationale de France.

Daté du 1880. Ajouté le 4 septembre 2026, modifié le 4 septembre 2026, par Loic.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France · https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2075666

Retour à la liste

Le document est réservé aux membres du forum.

Vous pouvez lire la transcription ci-dessous librement. Pour télécharger le fac-similé lui-même — les pages numérisées en pleine définition —, il faut un compte sur le forum de Cap-Sizun. L'inscription est libre, gratuite et prend une minute.

Créer un compte J'ai déjà un compte

Lire la transcription
- 138 -
et payèrent 100 livres d'amende. L'alloué d'Hennebont, Julien
Aumont, manifesta de semblables prétentions, il imita ses ho-
monymes et paya comme eux l'amende de 100 livres (Arrêts
des ler et 12 octobre et 23 novembre 1668).
Julienne Le Puisson, dame Aumont, hérita, je ne sais à quel
titre, de la terre de Kerlozret, en Plomeur, de dame Louise-
Marie Aumont, religieuse-professe au couvent des Bénédictines
de Quimper (1694).
En 1705, Julien Aumont, sieur de la Villeblanche, élait pré-
sident du présidial de Nantes. Je suppose qu'il était fils du
lieutenant de Carhaix de 1663, Charles Aumont. Julien obtint
une pension de 1,600 livres.
En 1721, un marchand tanneur de Pontscorff, Pierre Pécart.
avait pour femme Perrine Aumont.
Enfin, Hélène Aumont était en 1765 épouse de maître Jean
Cibeau, notaire et procureur à Quimperlé.
M. Faty demande que cette lettre soit insérée au
Bulletin, attendu dit-il, qu'elle présente beaucoup d'in-
térêt au point de vue de la connaissance qu'elle donne
en désignant les noms des différents membres de la
famille de ce magistrat et que la publication de ces
détails sera certainement goûtée des sociétaires.
L'assemblée consultée acquiesce au désir de M. Faty.
M. Audran entretient ensuite la Société de la décou-
verte d'un tumulus près de Pont-Croix.
FOUILLES D'UN TUMULUS ET DÉCOUVERTE DE SARCOPHAGES GAULOIS
A MAHALON
Aux dépendances du village de Slang-er-Rhun, sur le ter-
ritoire de la commune de Mahalon, et dans la partie qui confine
celle de Plozévet, on apercevait il y a quelques années, une
éminence ou mieux un tumulus, régulièrement arrondi dont la
hauteur était d'environ 3 mètres et le diamètre de 38 centimè-

- 139 -
tres; le tumulus élait composé de pierres mêlées à de la terre ;
vers le milieu il existait un fossé ou talus en terre divisant l'é-
lévation en deux parties à peu près égales.
Il y a environ trois ans le fermier de la portion nord voulant
la mettre sous culture la fit aplanir et en enlevant les pierres
il découvrit dans cette partie du tumulus, au niveau du sol, un
sarcophage composé de quatre pierres formant les parois, le
couvercle n'existait plus; ce sarcophage qui probablement avait
déjà éte fouillé ne contenait rien : c'est du moins ce qui m'a eté
appris par M. le Recteur de Mabalon.
Au mois d'avril dernier le fermier de l'autre partie du tumu-
lus voulant comme son voisin la mettre sous culture mit à
découvert deux sarcophages composés l'un et l'autre de quatre
pierres formant les parrois et d'une cinquième faisant couvercle.
L'une des tombes renfermait les ossements d'un homme el un
vase ou urne à anses en terre noire et commune pouvant, d'après
les morceaux que j'ai vus à la ferme de Stang-er-Rhun mesurer
environ 29 centimètres de hauteur, 19 centimètres de diamètre
au milieu, et seulement 14 ou 15 au haut et au bas. Il con-
tenait, d'après ce que m'a dit M. Gourlaouen, secrétaire de
la mairie de Plozévet, témoin de la découverte, un peu de cen-
dre ou de sable fin semblable à celui qui recouvrait le sol des
tombes ; l'autre tombe renferinait le squelette d'une femme; ces
ossements bien conservés lors de la découverte ont été depuis
dérangés el brisés par les curieux el sont devenus la propriété
d'un visiteur.
La tombe qui renfermait les ossements de l'homme élait
composée de quatre pierres polies à l'intérieur et s'ajustant
parfaitement aux qualre angles, la pierre fermant le tombeau
était aussi travaillée à l'intérieur, elle présentait de plus de ce
côté une rainure circulaire s'adaptant aux quatre pierres des
parois.
L'autre tombe élait composée de la même manière, mais le
travail était moins soigné et le couvercle n'avait pas de rainure.

- 140 —
Voici au surplus les dimensicns de ces tombes telles qu'elles
ont été relevées pa: iI. Gourlaouen. L'une mesurait de longueur
au sol 1 m. 90 c., à la partie cupérieure 1 m. 45 c.; et de lar-
geur à la tête 95 centimèle et 70 centimètres aux pieds ; l'autre
ne mesurait que 1 m. 40 c. el 1 m. 18 c.; sa largeur était à la
tête de 65 cent. ei de 55 aux pieds.
L'un des squelettes avait ia figure tournée vers l'orient et
l'autre vers le couchant, les dimensions des tombes ne permet-
taient pas d'y coucher les corps, qui ont dû être iuhumés assis•
La sable fin qui gernissail le fond des tombes a été enlevé
avec peu de soin ei on n'y a Louvé ni médaille ni objet quel-
conque pouvant nous guider pour fixer même approximativement
l'époque à laquelle fut élevé ce tumulus; néanmoins il est pour
nous certaia qu'il n'est pas romain et l'absence de tout carac-
tère chrétien nous démontre qu'il est antérieur à l'introduction
du Christianisme en Bretagne ; son érection pourzait donc être
fixée au commencement de notre ère.
M. Faty fait des observations très curieuses au sujet
des sépultures par inhumation et par incinération.
Après avoir écouté attentivement l'intéressant mé-
moire sur la découverte d'un tumulus près Pont-Croix,
la conversation s'engage sur ce genre de monument
funéraire et sur les moyens employés pour l'agglomé-
ration des terres ou matériaux qui l'ont formé. M. Faly
regarde la Champagne et particulièrement le dépar-
tement de la Marne comme la contrée de la France où
les tumulus sont les plus nombreux. Les fouilles pra-
tiquées ont produit des découvertes extrêmement inté-
ressantes ; les archéologues qui ont visité l'Exposition
dernière n'ont pas oublié, un char, presque entier, des
harnachements de cheval et les armes qui accom-
pagnaient le squelette d'un personnage important qu'on

NORD
10
O19
Setrageur: OM9s a la teto
: 0*55 aux picio.
:O, TO aux piedo
sinsgaz: 0-85 a la tete.
TUMULUS DE STANG-ER-RHUN EN MAHALON
AVRIL 1880.

- 141 -
avait disposé avec ses attributs dans une fosse repré-
sentant exactement la position où on l'avait trouvé.
M. Faty s'est entretenu souvent avec des ouvriers
de ce pays formés en équipe, qui sous la direction des
savants MM. Lorain, Nicaise et Maillard procèdent à re
genre de découverte. Un jour il leur demandait ce
qu'ils pensaient de ces tumulus qui différaient de
grandeur et d'élévation et quels étaient les procédés
employés pour le transport des terres.
Voici leur réponse : On a toujours cru dans la
contrée, disaient-ils, que les plus élevés étaient destinés'
à des personnages de hauta naissance et que les plus
petits appartenaient à d'autres d'une situation plus
modeste; quant aux terres rapportées, comme les
brouettes n'étaient pas encore inventées en ce temps-
là, les gens et les soldats du seigneur inhumé les
transportaient, les hommes dans leur chapeau, les
femmes dans leur tablier et venaient les placer en mu-
lon.
Ces braves gens en s'exprimant ainsi, s'inspiraient-
ils des conversations entendues près des antiquaires
qui les dirigeaient, ou rapportaient-ils une tradition
locale?
Je voulus m'en assurer, ils m'affirmèrent que cette
tradition existait bien avant qu'on eut songé à faire
dans le pays des fouilles dont les premières ne remon-
tent pas au-delà d'une trentaine d'années.
A ce sujet il est assez intéressant de mettre en paral-
lèle l'opinion d'un savant militaire, M. le général baron
Bardin, qui écrivait au commencement de ce siècle à
l'occasion des honneurs funèb es rencus aux guerriers

- 142 —
de l'antiquité. « Tout autorise à croire que les anciens
« habitants des Gaules ou que les armées d'invasion
« qui y dominaient honoraient les morts illustres ou
« les victimes du champ de bataille par une inhu-
« mation pompeuse et en élevant un monceau de terre
« sur leurs restes. Pour édifier ce simple et durable
« monument, les soldats défilaient près du lieu de la
« sépulture, et y déposaient chacun à leur tour une
« certaine quantité de sable ou de pierres qu'ils por-
« taient dans le casque ou le bouclier, telles paraissent
« être ces éminences encore désignées sous le nom de
« tombes et qui parsèment les plaines qui avoisinent
« Buremonde, Louvain, etc... »
La religion chrétienne, ajoute M. Faty, remplaçant
le paganisme a du dans le principe faire quelques
concessions aux anciennes pratiques, surtout à celles
ayant rapport aux inhumations; de nos jours on
retrouve encore les traces du vieux culte, et à ce sujet
je mentionnerai, dit-il, que pendant ma longue carrière,
ayant habité plusieurs contrées de la France, il m'a
été souvent fourni l'occasion de remarquer dans
quelques-unes, que chaque assistant après avoir
aspergé la fosse avec de l'eau bénite prenait une
poignée de terre et la jetait sur la bière du défunt.
Nulle part je n'ai vu qu'en Bretagne la fosse recouverte
d'un drap qui la dérobe à la vue.
Ne voit-on pas là une réminiscence des cérémonies
funèbres dont vient de parler le général Bardin ?
Je vous rappellerai encore, Messieurs, ce que nous
rapporte notre savant confrère M. Le Men, à la page
126 du 5e volume de notre Bulletin au sujet de l'ancien
carn de Bern-Maïn, près du pic du Menez-Hoom et

- 143 —
d'un carn contemporain situé sur le territoire d'Hanvec,
qui ont été formés par des pierres jetées par les
passants.
« Cet usage de jeter une pierre sur les tombeaux
« placés le long des chemins existe encore aujourd'hui
« dans quelques parties du Finistère; mais loin qu'on
« y attache une idée de mépris, cet acte s'accomplit
« toujours avec un sentiment de respect pour les
« morts qui en sont l'objet. »
Plusieurs pratiques qui me reviennent en mémoire,
paraissent en partie se rattacher aux souvenirs des
cérémonies funèbres de l'antiquité; ainsi à Troyes et
dans les environs, à l'office, on porte au prêtre qui les
bénit un pain et une cruche de vin. Cet usage s'observe
aussi dans quelques communes de la Meurthe, à Praye
particulièrement. Dans les pays qui avoisinent les
Pyrénées j'ai vu des pleureuses à gage, les hommes
portant d'étroits manteaux qui rappellent ceux des
abbés dits petits collets, les femmes enveloppées dans
des mantes noires à capuchon, etc.
D'autres coutumes ont une signification mystérieuse,
à Arraye, commune à 20 kilomètres de Nancy et
dans les localités voisines, lorsqu'une femme meurt en
couches, on plante aux quatre coins de la fosse des
baguettes auxquelles on attache un fil blanc tendu de
l'un à l'autre.
En Bretagne, dans les environs d'Elliant, le convoi
mortuaire est précédé par un homme portant une
grande lanterne éclairée par un cierge; cette mission
est toujours confiée au plus proche parent du défunt.
Ces habitudes bizarres dont on ne connaît pas le

- 144 -
motif doivent remonter à des temps très-éloignés et
appartenir à un rit dont le souvenir est perdu.
La séance est levée à 4 heures 1/4.
Le Secrétaire-Adjoint,
L. TANGUY.

Texte reconnu automatiquement sur les images : il peut comporter des erreurs de lecture. Le document reste la reference.